So Long, and Thanks for All the Fish (Hitchhiker's Guide, #4) - Douglas Adams

La pluie de type 17 était une sale pluie en rafales qui fouettait son pare-brise avec une telle violence qu'il aurait aussi bien pu faire l'économie de ses essuie-glaces.
Il mit à l'épreuve sa théorie en les arrêtant momentanément mais il apparut que la visibilité réussissait à empirer encore.
Malheureusement, elle omit de s'améliorer quand il les remit en route.
En fait, un des balais commença à se démantibuler.
Swish swish swish flop swish swish flop swish swish flop swish flop swish flop swish flop flop flap racle.

 

Une pauvre silhouette débraillée, étrangement attifée, plus trempée qu'une otarie dans un lave-linge, et qui faisait du stop.
"Le pauvre type", songea Rob McKenna in petto, prenant conscience qu'il tenait là quelqu'un plus en droit que lui de se sentir abattu, "il doit être glacé jusqu'aux os.
Faut-il être con pour faire du stop par des nuits pareilles. Tout ce qu'on y gagne, c'est du froid, de l'humidité et des camions qui vous éclaboussent en roulant dans les flaques au passage."
Il secoua la tête, résigné, poussa encore un gros soupir, et donna un coup de volant pour traverser une belle nappe d'eau.
" Voyez c'que je veux dire?" songea-t-il tout en labourant la mare.
"Il y a vraiment de ces crétins sur les routes!"
Deux secondes plus tard, il apercevait dans son rétro le reflet de l'auto-stoppeur, trempé, sur le bas-côté.
Durant une minute, il se sentit tout content. La minute suivante, il culpabilisa d'avoir été content de ce qu'il avait fait. Puis il fut content d'avoir culpabilisé d'avoir été content de ce qu'il avait fait et, satisfait, poursuivit sa route dans la nuit.

 

 

A l'instant précis où il prononçait ces paroles, ce ne fut plus possible car l'orage qui les avait dépassés éclata soudain de nouveau. Des éclairs zébraient le ciel, tandis que quelqu'un semblait s'amuser à leur vider sur la tête plus ou moins l'équivalent de l'Atlantique à travers une passoire.

La plage était une plage que nous citerons pas, car sa résidence privée s'y trouvait, mais c'était une petite étendue de sable quelque part sur les centaines de kilomètres de côte qui s'étirent d'abord vers l'ouest de Los Angeles, ville décrite dans un article de la nouvelle édition du Guide du voyageur galactique comme "dangereuse, véreuse, poisseuse, glaireuse, et comment déjà? enfin, tout un tas de trucs pas terribles, hou la la"

 

Il rageait et pestait contre lui, contre le destin, contre le monde et le temps qu'il y faisait. Il alla même, dans sa fureur et son chagrin, s'asseoir dans la cafétéria de l'aire de service où il s'était arrêté juste avant de la rencontrer.
"C'est le crachin qui me rend particulièrement morose.
- S'il vous plaît, vous pourriez arrêter de nous bassiner avec votre crachin? lança Arthur, cassant.
- J'arrêterais de vous bassiner si le crachin arrêtait de nous bassiner.
- Écoutez...
- Je vais vous dire, moi, ce qu'il va faire quand le crachin va s'arrêter. Voulez savoir?
- Non.
- Ça va crépiter.
- Ça va quoi?
- Crépiter."

 

 

Ceux qui souhaitent le savoir devront poursuivre leur lecture. Les autres peuvent sauter directement au dernier chapitre, qui n'est pas mal non plus et dans lequel il retrouveront Marvin.

Ils restèrent une nuit dans un hôtel de Sunset Boulevard dont on leur avait vanté l'ambiance déroutante qui ne manquerait pas de les ravir.
"Vous verrez, tous les clients y sont soit anglais, soit bizarres, soit les deux.