The Long Goodbye

The Long Goodbye - Raymond Chandler En perte d'équilibre, j'étais en train de me lever quand il m'expédia un crochet du gauche très sec. J'entendis des cloches sonner, mais pas celles de Pâques.

- Je connais des secteurs où je n'ai pas les flics dans le nez, capitaine, mais dans ces coins-là, vous ne seriez pas flic.

Personne ne bougea. Tout près de moi, Green respirait avec bruit. Gregorius leva les yeux vers Dayton.
- Qu'est-ce que t'attends, mon bijou, un cornet de glace, peut-être?

Trop aimable, capitaine. Merci de vos bons soins. Vous avez oublié de me faire ouvrir la bouche. J'ai de très beaux plombages et une jaquette en porcelaine de grand luxe. Une couronne de quatre-vingt-sept dollars. Vous avez aussi oublié de m'examiner les trous de nez.

La loi n'interdit pas de mentir aux policiers. Ils s'y attendent. Ils sont bien plus heureux quand vous leur mentez que quand vous refusez de leur parler.

Mais pas moyen de dormir. A trois heures du matin, j'arpentais ma chambre en écoutant Khatchatourian travailler dans une usine de tracteurs. Il appelait ça un concerto de violons. Pour moi, c'était une courroie de ventilateur pétée.

- Qu'est-ce que vous faites quand vous vous fâchez? Vous dansez le tango avec les écureuils?

- Un coup de téléphone, monsieur Marlowe, et vous seriez privé de votre licence. N'essayez pas de jouer au plus fin avec moi.
- Deux coups de téléphone et je me réveillerais dans le ruisseau, avec la moitié du crâne enlevée.

Il prit un élastique sur son bureau et le tendit entre ses deux pouces. Il augmenta peu à peu l'écart et finalement l'élastique péta avec un bruit sec. Il se mit à se frotter le pouce.
- Il ne faut jamais trop tirer sur la ficelle, dit-il. Même si elle a l'air solide.