The Big Sleep

The Big Sleep - Raymond Chandler - Vous vous êtes trompé, dis-je. Mme Regan ne tenait pas à me voir.
Il hocha sa tête argentée et dit avec courtoisie :
- Je suis désolé, monsieur. Je me trompe souvent.
Il ferma la porte derrière moi.

Elle me tendit son verre vide.
- Donnez-m'en un autre. Vous êtes un type dont il est impossible de rien tirer. Vos oreilles ne remuent même pas.

Je dépassai la fille à quatre pattes et ramassai le revolver. Elle me regarda et commença à glousser. Je fourrai son arme dans ma poche et lui tapotai le dos.
- Levez-vous, mon ange. Vous ressemblez à un pékinois.

Va te faire dorer...dit-il.

Il me répondit les quatre mots habituels et s'occupa de son volant.


Quelque chose m'incita à me tapir derrière un arbre. L'homme tourna la tête. Sa figure aurait dû faire une tache blanche à ce moment-là. Elle resta sombre. Il portait un masque. J'attendis derrière mon arbre.

- Si tu gueules, dit l'homme, je te coupe en deux.

Elle prit mon bras.
- Rentrons dans votre voiture, Marlowe.
- Elle est dans la rue.
- C'est parfait pour moi, Marlowe. J'adore me promener dans le brouillard. On y rencontre des gens si intéressants.

- Ça fait qu'au fond, vous êtes un tueur, comme tous les flics.
- Oh ! la barbe !

- Je parie que vous ne devinez même pas comment je suis entrée.
Je pris une cigarette et la regardai d'un œil terne.
- Je parie que si. Vous êtes entrée par le trou de la serrure, comme Peter Pan.
- Qui c'est ?
- Oh ! un copain de bistrot.
Elle gloussa.
- Vous êtes chou, pas vrai ? dit-elle

- A quoi il ressemble, Canino ?
- Petit, costaud, cheveux bruns, yeux bruns, porte toujours des complets bruns et un chapeau brun. Porte même un imper en cuir brun. Conduit un coupé brun. Tout est brun, pour M. Canino.

Sa voix était raide comme une baguette de pain.
- Y-a-t-il une grande blonde aux yeux verts dans votre boxon ?
- Dites donc... c'est pas un boxon...
- Oh ! ça va, ça va...
Je l'engueulais d'une voix très flicarde.