Calyre

Melmoth the Wanderer - Charles Robert Maturin, Victor Sage

Quoi de plus ridicule que d'être effrayé ou surpris de la ressemblance entre un homme vivant et le portrait d'un mort?

Elle se sentit donc consolée par cette réflexion, et peut-être aussi par la conviction inexplicable, puisée dans les cœurs de tous ceux qui aiment, que l'amour ne peut jamais exister sans la souffrance.

Three Men in a Boat: To Say Nothing of the Dog - Jerome K. Jerome

Le trou d'eau près du déversoir de Sandford, juste après l'écluse, est un très bon endroit pour se noyer.

Les Trois Mousquetaires - Alexandre Dumas

- Mais vous aviez dit que vous vous nommiez d'Artagnan.
- Moi?
- Oui, vous.
- C'est-à-dire que c'est à moi qu'on a dit: "Vous êtes M. d'Artagnan?" J'ai répondu: "Vous croyez?" Mes gardes se sont écriés qu'ils en étaient sûrs. Je n'ai pas voulu les contrarier. D'ailleurs je pouvais me tromper.

- Taisez-vous, vous êtes un imbécile, reprit le cardinal.
- C'est justement ce que ma femme m'a répondu, Monseigneur.

- Au fait, vous avez raison, dit Athos, je ne connais pas une femme qui vaille la peine qu'on la cherche quand elle est perdue. Mme Bonacieux est perdue, tant pis pour elle! Qu'elle se retrouve!

Le Feu, Journal d'une Escouade (prix Goncourt) (French Edition) - Henri Barbusse

- J'sais allumer le feu, mais j'sais pas l'rallumer quand il est éteint, déclare Poitron.
- Ballot! dit Poilpot, si tu sais l'allumer, tu sais l'rallumer, vu qu'si tu l'allumes, c'est qu'il a été éteint, et tu peux dire que tu l'rallumes quand tu l'allumes.

Il regarde ce qu'il vient de rêver.

Fin de partie (Broché) - Samuel Beckett

HAMM. - Pourquoi ne me tues-tu pas?
CLOV. - Je ne connais pas la combinaison du buffet.

CLOV. - Ca redevient gai. (Il monte sur l'escabeau, braque sa lunette sur le dehors. Elle lui échappe des mains, tombe. Un temps.) J'ai fait exprès. (Il descend de l'escabeau, ramasse la lunette, l'examine, la braque sur la salle.) Je vois... une foule en délire. (Un temps.) Ca alors, pour une longue-vue c'est une longue-vue. (Il baisse la lunette, se tourne vers Hamm.) Alors? On ne rit pas?
HAMM (ayant réfléchi). - Moi non.
CLOV (ayant réfléchi). - Moi non plus.

HAMM. - Il y a de la lumière chez la Mère Pegg?
CLOV. - De la lumière! Comment veux-tu qu'il y ait de la lumière chez quelqu'un?
HAMM. - Alors elle s'est éteinte.
CLOV. - Mais bien sûr qu'elle s'est éteinte! S'il n'y en a plus c'est qu'elle s'est éteinte.
HAMM. - Non, je veux dire la Mère Pegg.
CLOV. - Mais bien sûr qu'elle s'est éteinte! Qu'est-ce que tu as aujourd'hui?

HAMM. - Mais tu pourrais être seulement mort dans ta cuisine.
CLOV. - Ca reviendrait au même.
HAMM. - Oui, mais comment le saurais-je, si tu étais seulement mort dans ta cuisine.
CLOV. - Eh bien... je finirais bien par puer.
HAMM. - Tu pues déjà. Toute la maison pue le cadavre.
CLOV. - Tout l'univers.

CLOV. - A bon. (Il commence à marcher de long en large, les yeux rivés au sol, les mains derrière le dos. Il s'arrête.) J'ai mal aux jambes, c'est pas croyable. Je ne pourrai bientôt plus penser.

HAMM. - Salopard! Pourquoi m'as-tu fait?
NAGG. - Je ne pouvais pas savoir.
HAMM. - Quoi? Qu'est-ce que tu ne pouvais pas savoir?
NAGG. - Que ce serait toi.

HAMM. - [...] Allons, quel sale vent vous amène? [...]

CLOV. - En esprit seulement.
HAMM. - Lequel?
CLOV. - Les deux.
HAMM. - Loin tu serais mort.
CLOV. - Et inversement.
HAMM (fièrement). - Loin de moi c'est la mort.

The Diary of a Young Girl - B.M. Mooyaart, Eleanor Roosevelt, Anne Frank

Le papier a plus de patience que les gens.

Un moment je pensais: "Je m'en vais lui donner un de ces coups sur la tronche, il ira valser contre le mur avec tous ses mensonges",et l'instant d'après je me disais: "Reste calme, ce type ne mérite pas que tu te mettes dans cet état!".

Qui d'autre que moi lira un jour ces lettres?

Qui nous a imposé cela? Qui a fait de nous, les juifs, une exception parmi tous les peuples? C'est Dieu qui nous a crées ainsi, mais c'est Dieu aussi qui nous élèvera. Si nous supportons toute cette misère et s'il reste toutefois encore des juifs, alors les juifs cesseront d'être des damnés pour devenir des exemples. Et qui sait, peut-être est-ce notre foi qui apprendra au monde, et avec lui à tous les peuples, seulement, que nous devons souffrir? [...]Nous devrons toujours rester juifs, mais nous voulons aussi le rester. Courage! Restons conscients de notre tâche et ne nous plaignons pas, la fin arrivera, Dieu n'a jamais abandonné notre peuple ; à travers les siècles, les juifs ont survécu, à travers chaque siècle, les juifs ont dû souffrir, mais à travers les siècles ils sont devenus forts, les faibles sont repérés et les fort survivront et ne mourront jamais!

Pourquoi les gens doivent-il souffrir la faim tandis que dans d'autres parties du monde une nourriture surabondante pourrit sur place? Oh, pourquoi les hommes sont-ils si fous?

Tender Is the Night - F. Scott Fitzgerald

Contrairement aux amants, ils n'avaient pas de passé. Contrairement aux époux, ils n'avaient pas d'avenir.

La Reine Margot (Classiques) (French Edition) - Alexandre Dumas

Mordi!

...Ne savez-vous point que vous êtes mon soleil pendant le jour et mon étoile pendant la nuit?

- Trippe del papa! Hurla Coconnas en tirant son épée; mais échauffez-vous donc, monsieur de la Mole!
- Non pas, s'il vous plaît, non pas; car tandis que nous nous échaufferons, le souper lui refroidira, lui.

- Mais à quelle heure dois-je revenir?
- Gand fous ententrez-le doguesin.
- Comment, le doguesin? demanda Coconnas.
- Foui, le doguesin: pum! pum!...
- Ah! le tocsin?
- Oui, c'être cela que che tisais.

...qu'il croyait voir avec les yeux de la pensée...

Jacques the Fatalist (Oxford World's Classics) - Denis Diderot

JACQUES. - C'est que, faute de savoir ce qui est écrit là-haut, on ne sait ni ce qu'on veut ni ce qu'on fait, et qu'on suit sa fantaisie qu'on appelle raison, ou sa raison qui n'est souvent qu'une dangereuse fantaisie qui tourne tantôt bien, tantôt mal.

Nightwood (New Edition) - T.S. Eliot, Jeanette Winterson, Djuna Barnes

Le rire est l'argent du pauvre.

Lost Illusions - George Saintsbury, Honoré de Balzac, Ellen Marriage

L'avarice commence où la pauvreté cesse.

Memoirs of a Geisha (Random House Large Print) - Arthur Golden

- D'après-moi, madame, Hatsumomo ne lui prête pas plus d'attention qu'à une feuille qui se serait posée dans la cour.

"Rien n'est plus noir que l'avenir, sauf le passé, peut-être."

The Godfather - Peter Bart, Robert Thompson, Mario Puzo

Je lui ferai une offre qu'il ne pourra pas refuser.

"Tu peux faire ce que tu veux de ta vie." D'accord, encore faut-il savoir ce qu'on veut en faire.

Il lui répétait que dans la vie il faut toujours inciter l'ennemi à surestimer nos défauts et nos amis, nos qualités.

Le Diable au corps - Raymond Radiguet

La puissance ne se montre que si l'on en use avec injustice.

Don Quixote - Roberto González Echevarría, John Rutherford, Miguel de Cervantes Saavedra

Il vaut mieux gagner de quoi vivre en plaisant au plus grand nombre que gagner la gloire en ne plaisant qu'à quelques-uns.

Je vis en mourant, je brûle dans la glace, je tremble dans le feu, j'espère sans espoir, je reste quand je pars.

Une large et profonde rivière divisait en deux un vaste domaine. Sur cette rivière, on avait jeté un pont; au bout du pont, il y avait une potence et une salle où siégeaient en permanence quatre juges chargés d'appliquer la loi édictée par le propriétaire de la rivière, du pont et du domaine. Cette loi était ainsi conçue: "Quiconque traverse ce pont doit d'abord déclarer sous serment où il va, et pour quelle raison. S'il dit vrai, qu'on le laisse passer. S'il ment, qu'il soit pendu à cette potence, sans rémission." Bien qu'informés de cette loi rigoureuse, les gens n'en traversaient pas moins le pont; aussitôt qu'on reconnaissait qu'ils avaient dit vrai, on les laissait passer librement. Or, il s'est présenté le cas suivant: un homme, à qui on demandait de prêter serment, a juré qu'il traversait le pont pour aller se faire pendre à la potence qu'il y avait à l'autre bout, et pour rien d'autre. Les juges ont délibéré: "Si nous laissons cet homme passer librement, il aura menti sous serment, et la loi veut qu'il meure. Et si nous le pendons alors qu'il a juré qu'il passait le pont pour mourir sur la potence, puisqu'il aura dit la vérité la loi veut qu'il passe librement." [...]
Enfin Sancho se prononça:
- Il me paraît que tout ça peut se résumer en quelques mots: cet homme jure qu'il va mourir sur la potence et, s'il meurt pendu, il aura dit la vérité; donc, d'après la loi, il mérite d'être libre et de traverser le pont. Mais s'il n'est pas pendu, il aura menti, et, d'après cette même loi, il mérite qu'on le pende. [...]
- Eh bien, ce que j'en dis, c'est qu'on laisse passer la partie de cet homme qui a dit la vérité, et qu'on pende celle qui a menti.
- Mais, monsieur le gouverneur, il faudrait pour cela diviser cet homme en deux parties, la menteuse et la véridique. Et, si on le divise, il mourra forcément; et l'on n'aura pas observé le texte de la loi, à laquelle on doit expressément obéir.
- Écoutez, mon bon monsieur, ou je suis un imbécile, ou il y a autant de raisons de faire mourir cet homme-là que de le laisser vivre; parce que si la vérité le sauve, le mensonge le condamne. Puisqu'il en est ainsi, vous devriez dire à ces messieurs qui vous envoient que les raisons de condamner et d'absoudre, mises dans la balance, pèsent le même poids, et qu'ils doivent donc le laisser passer librement, car il vaut toujours mieux faire le bien que le mal.

The Woman in White - Wilkie Collins

La soirée s'écoula sans qu'elle s'adressât un mot ni un regard. Elle demeura assise au piano, et moi à la table de jeu. Elle ne cessa pas un moment de jouer, comme si en jouant elle se fuyait elle-même.

Ainsi le fantôme habillé de blanc qui a hanté ces pages comme il a hanté ma vie est-il retourné aux ténèbres. Comme une ombre il m'était apparu dans la solitude de la nuit, comme une ombre il s'est évanoui dans la solitude de la mort.