Calyre

Because of Winn-Dixie - Kate DiCamillo

- Tu ne peux pas t'accrocher à ce qui veut partir, tu comprends, ma douce? Tu ne peux aimer que ce que tu as sous la main, tant que tu l'as sous la main.

Five Little Pigs - Agatha Christie

- Nous allons seulement, expliqua-t-il, discuter des faits qui se sont passés il y a très longtemps. Les discuter et, peut-être, préciser leur sens. Quant aux esprits, ils ne se matérialiseront pas, mais qui oserait dire qu'ils ne sont pas ici, bien que nous ne puissions les voir?

The Kite Runner - Khaled Hosseini

- Lorsqu'on tue un homme, on vole une vie. On vole le droit de sa femme à un mari, on prive ses enfants de leur père. Lorsqu'on raconte un mensonge, on dépossède quelqu'un de son droit à la vérité. Lorsqu'on triche, on dérobe le droit d'un autre à l'équité. Tu comprends?

"C'est dur à admettre, avait-il ajouté, mais il vaut mieux être blessé par la vérité que réconforté par un mensonge."

Hassan a accusé le choc - perdre ce que l'on a connu est plus dur que d'en avoir toujours été privé.

"Rahim, un gamin qui se laisse marcher sur les pieds devient un homme incapable d'affronter la moindre épreuve."

 

"La vie ne vous accorde un bonheur aussi intense que lorsqu'elle s'apprête à vous retirer quelque chose."

J'écris aux hommes de demain - Martin Gray

Capables de haïr et de frapper et désirant aimer, donner ; pourtant et défendant la vie et accumulant les moyens de tuer et poussés, quelquefois, à nous tuer nous-mêmes, tant nous étions déchirés entre le meilleur et le pire, entre l'espoir et la désespérance.

On a dit, peut-être Confucius, que l'expérience est une lanterne que l'on porte accrochée dans son dos et qui n'éclaire que le chemin parcouru et jamais la route à venir.

Peut-être vivrez-vous dans un temps où l'on saura reconnaître que la vie sous toutes ses formes est un miracle qu'il faut protéger.

 

Plus tard j'ai rencontré Pierre-Joseph. Il bougonnait.
- Vous alors, vous êtes violent, disait-il. Vous n'aimez pas la chasse, c'est votre droit. Mais si j'avais eu le fusil chargé vous auriez pu me blesser.
Comment lui expliquer que tuer un sanglier, un oiseau, est un acte meurtrier qui habitue à exercer le droit d'interrompre la vie?

J'ai davantage souffert et une cicatrice profonde vaut mille ans d'études, une blessure est un pas vers la sagesse si l'on sait pourquoi on l'a reçue et ce qu'il a fallu pour la guérir.

 

Car tout en notre temps se tient. Ici des plats de viande rouge. Pour se les procurer il faut consacrer des milliers d'hectares aux pâturages. Et les cultures régressent et des peuples meurent de faim.
Et qui dira l'effet sur chaque individu de cette participation au banquet de la chair? Et croyez-vous qu'une civilisation puisse être pacifique quand elle torture, abat des millions d'animaux, victimes sans défense livrées à des bourreaux?
Osons regarder dans l'arrière-salle de nos restaurants ces hommes qui gavent, qui enferment, qui dopent et qui égorgent. Osons imaginer, quand on pose devant vous le plat, l'animal joyeux qu'il a fallu abattre.
Pas d'hypocrisie!
Hommes du premier monde, sachez que votre nourriture naît du crime et du massacre.

 

Biologiquement, économiquement, moralement: rien, sinon des habitudes d'avant ce qui doit être l'homme justifient ces comportements et cette passion pour la chair. Or je dis que nous resterons des hommes de la violence et de la guerre tant que ne sera pas réformée cette coutume barbare de la consommation d'animaux morts, de l'élevage concentrationnaire et artificiel de millions d'êtres vivants en vue de notre festin carnivore.

Et pire: souvent nous avons fait disparaître des espèces entières. Et parmi celles qui existent encore au moment où je vous écris, Hommes de demain, qui peut dire qu'elles subsisteront, que vous les connaîtrez? Que sont devenus les derniers grands mammifères marins que l'on chasse et que l'on tue et qui s'en vont parfois mourir collectivement, se jetant par dizaines sur les plages comme si la volonté de vivre dans le monde que nous leur faisons les avait abandonnés?

 

Ils ne comprenaient pas qu'atteindre ou mutiler la vie était en fait blesser chaque être vivant, quelle que soit sa forme.

Une plaie pour être soignée doit d'abord être ouverte.

...par le hasard, qui a toujours un sens.

Hommes de demain, j'ai appris qu'il suffit parfois d'un mot dit pour sauver et d'un mot tu pour condamner.

Hommes de demain, chacun doit demeurer maître de sa vie, de son destin et de ses choix.
La liberté ne se partage pas.

 

Et notre route était balisée comme un sentier de montagne. Mais ceux qui les ont empruntés savent bien qu'il faut être attentif pour reconnaître sur la roche ou le tronc d'arbre la marque de peinture que les guides ont peinte et qui donne la route. Combien qui commencent à marcher et qui perdent la direction? Ils peuvent sans vigilance s’égarer dans la forêt, retrouver le chemin par hasard ou au contraire aller vers la falaise et se précipiter dans l'abîme. La trace existe mais le marcheur doit la découvrir. Telle me paraît être la loi. Chacun est libre de son attention ou de sa distraction. Chacun doit repérer le signe sur la roche, là, à portée de regard, et chacun peut décider de le suivre ou au contraire de s'écarter.

La peur aveugle et amoindrit. La peur est contagieuse. La peur attire la violence et la provoque.

Hommes de demain, que votre monde soit celui de la dignité, de la lucidité et du courage.

Je ne rêve pas d'un monde de l'uniformité. Je ne veux pas que chaque homme ressemble à un autre homme.
Je rêve d'un monde où l'égalité des chances existe, où l'homme soit débarrassé des angoisses de la vie quotidienne pour qu'enfin il puisse se demander qui l'a jeté sur cette Terre et quel est le sens de son passage.
Je rêve d'un monde où chaque homme posséderait et utiliserait une énergie créatrice équivalente à celle de Pablo le Géant.

 

Charte de fraternité pour la famille humaine

 

1.

Tu respecteras la Vie, car là est le mystère, là est l'avenir.

 

2.

Tu sauras que ta vie, ta famille, ta ville, ton pays, ton continent ne sont pas des îles mais des éléments d'un tout, qui s'appelle la famille humaine.

 

3.

Tu comprendras que ton comportement individuel dépendent, à chaque instant, l'esprit et le sort du monde.

 

4.

Tu affirmeras qu'un homme vaut un homme, partout, toujours.

 

5.

Tu n'ignoreras pas que, à ta porte, des millions d'hommes sont menacés par la faim et la violence.

 

6.

Tu vivras avec l'idée que l'espèce humaine, si rien ne change, court à la destruction.

Et tu te sentiras responsable de son destin.

 

7.

Tu délégueras seulement à ceux qui te parleront le langage de la vérité, de la paix et de la fraternité.

 

8.

Tu ne chercheras pas des boucs émissaires.

Tu essaieras toujours d'expliquer et de comprendre et de convaincre.

 

9.

Tu condamneras la violence et le racisme.

 

10.

Tu souhaiteras qu'un Conseil de Sages, au-dessus des intérêts, des passions, des égoïsmes, aide les représentants de la famille humaine à choisir pour le monde entier la voie de la paix.

Youth - J.M. Coetzee

Le bonheur, se dit-il, n'enseigne rien. Le malheur, en revanche, vous endurcit pour l'avenir. Le malheur est l'école de l'âme. Des eaux du malheur on émerge sur l'autre rive, purifié, fort, prêt à faire de nouveau face aux défis d'une vie pour l'art.

Désormais, a-t-il décidé, il va se livrer en toutes choses au hasard. Les romans sont pleins de rencontres de hasard qui conduisent à l'aventure - l'aventure ou la tragédie. Il est prêt pour l'aventure, prêt pour la tragédie, prêt à tout, en fait, du moment que cela le consume et fasse de lui un autre homme.

 

Le hasard ne le gratifie pas de ses bénédictions. Mais le hasard est imprévisible, il faut laisser le temps au hasard. En vue du jour où enfin la hasard lui sourira, il ne peut qu'attendre et se tenir prêt.

Banco: The Further Adventures of Papillon - Henri Charrière

La seule chose qui compte, dans la vie, avant tout : ne jamais s'avouer vaincu, et après chaque fracas, recommencer. C'est ce que je vais faire.

Et il nous vient cette même pensée en même temps : "Le passé ne veut rien dire, seul compte ce qu'on est devenu."

 

De là, oui, si on ne distingue pas bien les gens, si on ne voit que des formes, de là, oui, Montmartre est toujours le même. J'avance lentement vers l'endroit exact où, soi-disant, j'ai abattu Roland Legrand dans la nuit du 25 au 26 mars 1930.
Le banc, le même banc sans doute, repeint chaque année (ça peut bien vivre trente-sept ans un banc d'avenue dans un bois si épais), le banc est là et le bec électrique est là, et le bar en face est là, et les pierres des maisons sont toujours les mêmes, et les volets de la maison en face, à demi fermés, sont encore là. Mais parle, parle donc, matière de pierre, de bois, d'arbre, de verre ! Vous avez vu, vous, vous y étiez puisque vous y êtes encore, vous êtes les premiers, les seuls, les vrais témoins du drame et vous, vous savez bien que celui qui a tiré cette nuit-là ce n'était pas moi. Pourquoi ne l'avez-vous pas dit?

 

 

Le revenant est là malgré vous tous, il a repoussé la pierre de la tombe où vous l'aviez enterré vivant.

The House of the Spirits - Isabel Allende

L'imagination populaire et l'ignorance où l'on était de sa race conférèrent à Barrabás des caractéristiques mythologiques. On racontait qu'il n'avait cessé de grandir et que si la barbarie d'un boucher n'avait mis fin à ses jours, il eût fini par atteindre la taille d'un chameau. Les gens le croyaient issu du croisement d'un chien et d'une jument, ils pensaient qu'il pouvait lui venir des ailes, des cornes, un souffle sulfureux de dragon, à l'image des bêtes que brodait Rosa sur son interminable nappe. La nounou, lassée de ramasser la porcelaine brisée et d'entendre cancaner qu'il se changeait en loup par les nuits de pleine lune, recourut au même procédé qu'avec le perroquet, mais l'overdose d'huile de foie de morue ne le tua point, tout au plus lui flanqua-t-elle une foirade de quatre jours qui recouvrit la maison de haut en bas et qu'elle duit nettoyer elle-même.

 

Elle essaya de s'infiltrer parmi les broussailles, mais le volume des deux jumeaux l'en empêcha.
"Monsieur, dit-elle au chauffeur, ayez l'obligeance de vous glisser jusque là-bas et de me ramener la tête de femme que vous allez trouver."
[...]
Clara, que les trépidations de cette course, les émotions des derniers jours et les potions du docteur avaient préparée à accoucher avec plus de facilité que dans le cas de sa première-née, serra les dents, se cramponna aux mâts d'artimon et de misaine de la frégate et entreprit de donner le jour sur la mer calmée de soie bleue à Jaime et à Nicolas, précipitamment expulsés sous le regard attentif de leur grand-mère dont les yeux toujours grands ouverts les contemplaient depuis la commode.

 

 

Personne n'était auprès d'elle, nul n'avait rien sur de son agonie et ils calculèrent qu'elle devait être morte depuis pas mal de temps car les rats avaient commencé à lui grignoter les pieds et à lui boulotter les orteils.

Parmi cette faune domestique, le seul à avoir tant soit peu marqué le souvenir de la famille fut un lapin apporté par Miguel, un pauvre lapineau tout ce qu'il y a de commun que les chiens léchaient tant et si bien que tout son pelage tomba et qu'il devint le seul spécimen glabre de son espèce, couvert d'un épiderme irisé qui lui donnait des airs de reptile à longues oreilles.

Blanca soutenait qu'il fallait doser ces lectures, car il y avait là des choses qui n'étaient pas de son âge, mais oncle Jaime estimait qu'on ne lit rien sans y porter intérêt, et que si l'on y prend intérêt, c'est qu'on est déjà en âge de le faire. Ses théories étaient les mêmes pour ce qui concernait la toilette et le manger.

Hector Servadac - Jules Verne

"Soyez tranquille, mon capitaine, dit Ben-Zouf. Il vivra, j’en réponds. Ces petits hommes-là, c’est tout nerfs ! J’en ai vu de plus secs que lui, et qui étaient revenus de plus loin !
– Et d’où étaient-ils revenus, Ben-Zouf ?
– D’Égypte, mon capitaine, dans une belle boîte peinturlurée !
– C’étaient des momies, imbécile !
– Comme vous dites, mon capitaine !"

 

"En finirons-nous ? demanda le professeur. Le volume d’une sphère…
– Est égal au produit de la surface… répondit Hector Servadac en tâtonnant, multiplié…
– Par le tiers du rayon, monsieur ! s’écria Palmyrin Rosette. Par le tiers du rayon ! Est-ce fini ?
– À peu près ! Le tiers du rayon de Gallia étant de cent vingt-trois, trois, trois, trois, trois, trois…
– Trois, trois, trois, trois… répéta Ben-Zouf, en parcourant la gamme des sons.
– Silence ! cria le professeur, sérieusement irrité. Contentez-vous des deux premières décimales, et négligez les autres.
– Je néglige, répondit Hector Servadac.

 

 

Un jour, le 12 octobre, Ben-Zouf, qui rôdait autour de la grande salle de Nina-Ruche, dans laquelle le professeur se trouvait en ce moment, l’entendit pousser un cri retentissant.
Ben-Zouf courut à lui.
"Vous vous êtes fait mal, sans doute ? lui demanda-t-il du ton dont il aurait dit : Comment vous portez-vous ?
– Eurêka ! te dis-je, eurêka !" répondit Palmyrin Rosette, qui trépignait comme un fou. Il y avait dans son transport à la fois du contentement et de la rage.
"Eurêka ? redit Ben-Zouf.
– Oui, eurêka ! Sais-tu ce que cela veut dire ?
– Non.
– Eh bien, va-t’en au diable !"
"Heureusement, pensa l’ordonnance, que lorsqu’il ne veut pas répondre, M. Rosette y met au moins des formes !"
Et il s’en alla, non au diable, mais trouver Hector Servadac.
"Mon capitaine, dit-il, il y a du nouveau.
– Qu’est-ce donc ?
– Le savant… eh bien ! il a « eurêké…".
– Il a trouvé !… s’écria le capitaine Servadac. Mais qu’a-t-il trouvé ?
– Cela, je ne le sais pas.
– Eh ! c’est ce qu’il faudrait précisément savoir !"

The Shipping News - Annie Proulx

Quoyle restait incapable de saisir l'actualité, n'avait aucun sens du détail. Il avait peur de tout, à l'exception d'une quinzaine de verbes. Avec un instinct fatal pour l'utilisation erronée du passif.

The Things They Carried - Tim O'Brien

Mais le problème des souvenirs, c'est que l'on ne peut pas les oublier. On prend son inspiration là où on la trouve, c'est-à-dire dans sa propre vie, à l'intersection du passé et du présent. La circulation des souvenirs alimente une rotative dans votre tête, où ils tournent en rond pendant un certain temps, puis l'imagination se met bientôt à couler et les souvenirs se confondent et repartent dans un millier de directions différentes. En tant qu'écrivain, tout ce qu'on peut faire, c'est choisir une direction et se laisser porter en formulant les choses comme elles viennent à nous. Voilà ce qu'est la vraie obsession. Toutes ces histoires.

Babbit - Sinclair Lewis

- Alors... on prétend que les rêves sont le contraire de la réalité.

Et ainsi il se rendit compte que c'était de la folie de prendre la fuite, parce qu'il ne pourrait jamais se fuir lui-même.

Pollyanna - Eleanor H. Porter

Voyez-vous, quand on cherche des raisons de se réjouir, on oublie les choses qu'on n'a pas comme la poupée dont on rêvait.

- Quel est donc ce jeu? s'enquit le pasteur.
- Il consiste à trouver des raisons de se réjouir quelles que soient les circonstances.

 

Ce dont hommes et femmes on besoin c'est d'être encouragées. Leur tendance naturelle à la résistance doit être renforcée et non atténuée. Au lieu de se plaindre sans esse des défauts d'un homme, soulignez ses qualités. Aidez-le à sortir de l'ornière des mauvaises habitudes. Louez ses bons côtés, ses capacités, son audace!... L'altruisme et l'optimisme sont contagieux et susceptibles de révolutionner une ville entière... Les gens irradient ce qu'ils ont dans le cœur et dans l'âme. Si un homme est gentil et prévenant, ses voisins le ressentiront très vite. S'il passe son temps à se plaindre et à tout critiquer, ses voisins lui renverront les mines renfrognées, et plus encore !... C'est quand on cherche le mal qu'il se présente. Si vous vous attendez à trouvez le bien, vous l'obtiendrez. Dites à Tom que vous savez qu'il sera heureux de remplir ce panier à bûches, et vous verrez qu'il sera intéressé par vos propos.

Mais enfin, ceux qui ont la santé ne sont pas toujours ceux qui en font le meilleur usage.

Cry, the Beloved Country - Alan Paton

Le chagrin vaut mieux que la peur, répéta le Père Vincent qui s'obstinait. La peur est un voyage, un terrible voyage, mais le chagrin au moins est une arrivée.

Nul ne sait ce que c'est que la vie, car la vie est un secret.

Run Man Run - Chester Himes

On ne se rend compte à quel point l'eau est bonne que quand le puits est à sec.

The Other Wind - Ursula K. Le Guin

"Si elle vient, c'est de là qu'elle viendra, dit-il. Et si elle ne vient pas, c'est là qu'elle est."

Le parfum de la dame en noir - Gaston Leroux

"Ne point chercher Larsan là où il se montre, le chercher partout où il se cache".

Rouletabille:
"Eh bien, racontez-moi ce que vous ne savez pas! Car si vous ne me racontez pas ce que vous ne savez pas, Bernier, je ne réponds plus de rien!..."